LA MOTIVATION : LA RETROUVER ET L’ENTRETENIR

Article rédigé pour le site web de La Meilleure Cyclosportive De Votre Vie

Lors du dernier coaching commun de La Meilleure Cyclo qui intervenait quelques jours après le début d’un n-ième confinement, la motivation et la projection sur des objectifs a été le fil conducteur des questions qui ont été posées pendant plus de 2 heures.

Pour certains, les dernières compétitions officielles remontent à l’été 2019. Pour d’autres, il a été possible de faire une ou deux courses par ci par là l’an dernier mais dans une forme mitigée en raison d’un entraînement qui ne collait pas avec les imprévus des différents reports ou annulations au calendrier. Et si, finalement, il fallait voir plus loin que la seule compétition dans notre pratique ? D’où vient cette énergie qui nous pousse plusieurs fois par semaine à clipser nos pédales ? Pourquoi faisons-nous du vélo au juste ?

À part pour une toute petite fraction des sportifs, la confrontation et le besoin de domination sur des compétitions officielles n’est pas ce qui nous donne la flamme de pratiquer le cyclisme. Mais on peut cependant être amené à le croire, tant l’artificialisation, le marketing, l’air du temps nous imposent un prisme de pensée.

Selon Nicolas Elzeard, coach mental : Les études sur la motivation ont permis de distinguer 2 types de motivation :
– Les motivations « extrinsèques » qui se basent sur des « objets d’attention » extérieurs à nous-mêmes : l’argent, la reconnaissance des autres, la médaille, les gains matériels, etc… Ce type de motivation peut être assez puissant mais éphémère (la satisfaction d’une augmentation ne dure qu’une très courte période, comme celle provoquée par l’achat d’un nouveau vélo qui dure quelques semaines maximum). Il est clair que, dans nos sociétés modernes industrialisées, le niveau de stress professionnel est déjà très important et ce stress supplémentaire qu’on s’imposerait pour la pratique du vélo n’est pas propice à une motivation profonde et durable.
– Les motivations « intrinsèques », elles, s’appuient sur des stimulations « internes à nous-mêmes ». Dit simplement, à des émotions ou des sentiments que nous ressentons au moment de vivre ou de faire quelque chose. Le plaisir de rouler entre potes, l’enthousiasme de rouler comme son idole ou la fierté de gravir un col mythique ou d’améliorer son temps. Quand je parle ici de plaisir, enthousiasme ou fierté, je ne vous parle pas d’un concept mais d’écouter, de ressentir ce qui se passe en vous quand vous vivez des émotions (la chaleur dans la poitrine, les picotements dans les doigts ou le dos, etc…). Focaliser notre attention sur nos sensations est une source de motivation très puissante mais surtout qui nous fera tenir dans le temps et aller plus loin que nous ne pouvions l’imaginer.

Comme souvent avec notre nature profonde, il faut remonter à l’enfance avant que nos vies d’adulte nous éloignent de qui nous sommes et diminuent la flamme en nous. Mais sans pouvoir toujours revenir consciemment dans nos mémoires jusqu’à cet âge parfois si lointain pour nous, dans le cas particulier du vélo, on peut déjà revenir à nos débuts dans ce sport. Quelles images ai-je en tête lorsque je repense à qui j’étais, à ce qui m’animait ?
Quelles émotions avais-je ? Comment étaient mes sensations ? Je suis certain qu’en repensant à vos débuts ou à vos souvenirs cyclistes d’enfance, vous retrouverez ces moments de vie intense et de hautes énergies, ces moments où l’on se sent vraiment vivre et heureux d’être à sa juste place.

Pour ma part, lorsque je me rappelle mes souvenirs d’enfance, j’ai en tête par exemple :

  • Les montées du Ventoux avec mon père, véritables moments de partage et de communion dans la difficulté et la beauté de l’effort.
  • Les premières fois où je faisais le fameux tour du Ventoux avec mon VTT, mon pays que je redécouvrais avec un œil nouveau et une curiosité jamais assouvie, l’odeur des lavandes qui me donnaient un coup de boost après Sault, la pause « fruits secs » en haut de la Nesque, le souffle du vent dans mes oreilles lorsque je descendais vite et le calme retrouvé dans les montées, les sensations d’euphorie et de maîtrise de mon sujet
  • Le Tour de France à la télé, surexcité par tous les mouvements de course, puis les sorties vélo juste après la fin de l’étape galvanisé pour 2-3 heures de vélo et reproduisant dans la sortie le scénario que je venais de voir à l’écran en me prenant un jour pour Virenque, l’autre jour pour Contador

Retrouvez en vous les pensées, émotions, sensations et souvenirs qui vous animent fondamentalement, ce qui vous a fait débuter le vélo, ce qui vous a donné envie de vous impliquer davantage dans ce sport aussi. Cette époque absurde est aussi une opportunité de rallumer la flamme en nous en revenant vers une pratique axée sur ce qui nous fait intrinsèquement vibrer. L’idée sera alors de recréer le plus souvent possible les conditions qui vous motivent à fond et de reproduire les sorties que vous adorez. Et enfin de nourrir la curiosité de l’enfant qui est toujours en nous, ce qui implique de laisser libre cours à la découverte et à l’expérience.

(2 commentaires)

  1. Merci pour ces mots une fois de plus, je ne commente pas souvent mais tous les mails que je reçois sont tous aussi interessants les uns que les autres. Les sujets abordés collent toujours à des questions (souvent d’introspection) que j’ai eu lors de mes longues heures sur la selle, merci d’apporter ton point de vue sur ces questions du quotidien !

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