D’EMBRUN A NARBONNE EN PASSANT PAR L’ARDECHE – ETE 2015

Il est nécessaire de remonter à l’après IRONMAN France et plus spécifiquement au triathlon de Marseille fin juillet dont je vous avais livré les principales lignes. En août j’ai fait des belles semaines d’entraînements, pour moi en tout cas, 20 à 25 heures de sport effectif. Je ne compte pas la préparation avant chaque entraînement, l’après-entraînement, l’entretien du matériel (vélo notamment), toutes les réflexions qui peuvent tourner autour du sport en général (nutrition, entraînement, optimisation matériel), les lectures, la logistique pour les courses, etc. Au final, je me rends compte que le triathlon me prend bien plus qu’un 35 heures.

 

Embrun

Mi-août je suis parti 10 jours à Embrun (que je ne connaissais absolument pas, mais je savais que c’était la Mecque du triathlon en France pendant la semaine fédérale du triathlon à l’occasion notamment de l’Embrunman). C’était l’occasion de me retrouver dans mon monde, ou plutôt dans mes mondes. Je n’ai pas été déçu : cette ville de 6000 habitants est quasi exclusivement composée de triathlètes et duathlètes de toutes distances de prédilection et du monde entier à cette période de l’année. On ne peut pas faire un pas sans voir un débardeur fluo et des runnings (des chaussures de course à pied pour nos amis de l’Académie Française). Ce que je retiens surtout, c’est la bonne ambiance qui plane là-bas à cette période. La ville, et plus généralement le département, vit triathlon. L’ambiance n’est pas du tout la même qu’à Nice lors de l’IRONMAN et franchement je préfère de loin celle d’Embrun. Il n’y a pas de mauvais esprit mais des gens contents d’être là en vacances (ou pour leur métier pour les pros et ceux qui s’occupent de tout faire fonctionner) et ravis de faire ce qu’ils aiment.

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J’ai participé au triathlon Courte Distance (1,5/40/10 pour rappel des distances de nage, vélo et course en kilomètres) qui s’y tenait parmi tant d’autres, en arrivant sur la course bien fatigué. Il s’est passé quelque chose d’inédit en natation : j’ai subi ce que je crois être une crise de panique au bout d’une ou deux minutes après le départ, je ne vous le souhaite jamais. J’ai finalement réussi à me reprendre au bout de quelques minutes mais la nage a clairement été nulle, le souffle coupé et déboussolé. Le parcours vélo était très exigeant et j’ai directement senti que je n’avais pas les bonnes jambes après toutes les sessions que pratiquées les 15 jours avant (la veille, je faisais encore le guignol à 2000 m d’altitude dans des cols Hors Catégories). Je fais malgré tout le second temps vélo derrière un certain double champion du monde, mais à l’arraché vraiment et grâce aussi à de belles trajectoires dans les descentes. Après je n’ai pas réussi à accélérer pendant les 10 km de CAP et j’ai clairement ressenti la charge d’entraînement que je n’avais pas encore assimilée. Au final, je n’étais pas content de ma course, même si je m’attendais à ne pas pouvoir donner le maximum. Les jours suivants, j’ai augmenté encore le volume avec typiquement des trails de plus de 2 heures à 2500m d’altitude le matin et des vélos de 3-4 heures dans les décors alpins des Hautes-Alpes l’après-midi. Autant vous dire que ces 10 jours était l’occasion de faire des globules comme on dit. Décors de rêve, grosses sessions, bonne ambiance. Le bonheur. Je pourrais en parler des heures tellement ça a été intense et la découverte/l’apprentissage de pas mal de choses sur mon corps et mon esprit notamment.

Ardèche

Je suis revenu quelques jours avant le triathlon des Gorges de l’Ardèche qui compte parmi les triathlons longue distance les plus connus/sublimes/relevés en France. J’y fais une natation LAMENTABLE malgré un super départ, par contre sur le vélo ça a été autre chose : je signe le meilleur temps vélo et le record avec 3 minutes d’avance sur le second chrono (qui est le vainqueur final, Sylvain Sudrie, multiple champion de France, d’Europe, du monde…). A noter que ces choses là, je ne les sais jamais pendant la course puisque sans écarts et repères. Je pose le vélo à T2 en 5ème position, une caméra télé me filme, OK. Je ne pense même pas à tenter de rejoindre les 2, 3 et 4ème qui courent ensemble mais surtout à pas me faire reprendre par mes poursuivants qui n’étaient pas loin du tout quand j’ai terminé le vélo. Je pars comme une balle sur la CAP (qui était un peu « trailisante », super parcours) et c’est remarqué par le speaker qui s’emballe en me voyant passer à sa hauteur. Ca fait plaisir et ça motive ce genre de petites choses. Le parcours étant composé de multiples demi-tours, j’ai régulièrement l’occasion de faire des pointages au moins visuels avec ceux qui sont derrière moi. Je sens que ça court bien et c’est confirmé par ces visuels puisque personne ne me reprend de terrain, au contraire je creuse et revient (un peu) sur le podium mais l’écart est bien trop important sans défaillance de la part de ces gaillards. Au final je franchis la ligne toujours 5ème, grosse perf. J’aurais signé directement pour un top 10 avant la course, 5 c’était inespéré. Des supers sensations en vélo et SURTOUT en CAP (c’était pas beaucoup arrivé cette année), une belle attitude et la banane du début à la fin. Comme je l’avais déjà senti, quand on joue les premières places, la course est tout de suite bien plus amusante et ça motive bien plus à aller vite. Je faisais le pitre tout le long de la CAP dès qu’il y avait la caméra mais ils ne l’ont pas intégré dans le reportage. A l’arrivée, mes poursuivants directs viennent me féliciter, et une nouvelle fois après avoir vu les résultats détaillés affichés : « tu colles 3 min en vélo à Sudrie ! », « t’es passé à côté de moi à vélo, tu m’as mis un coup d’injection ! ». Ca fait vraiment plaisir quand c’est du vrai, quand c’est spontané et que les mecs ne jouent pas la comédie. Dernière surprise de la journée : je suis appelé sur le podium du TOP 5 pour recevoir notamment mes premiers gains par le sport. Drôle de sentiment que de se retrouver à côté de gros champions de niveau nationaux et internationaux (Sylvain Sudrie, Hervé Faure).

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Narbonne

Deux semaines plus tard s’est tenu l’Extrememan Narbonne (demi-Ironman). Pays du zef, des kites de partout ! Il y avait quelques noms connus, je pensais faire au mieux 4 ou 5 vu le palmarès des favoris. Je fais la meilleure natation de ma vie en compétition, un vélo en position maximum de la tortue afin de contrer ce sacré vent en rafales, meilleur temps vélo (de 7 minutes) qui me permet de rentrer à T2 en seconde position à 2 min du 1er. Là encore, je savais qui était devant et je savais qu’il courrait vite (il se servait d’ailleurs de cette course comme de préparation aux Championnats du monde Ironman à Hawaii auxquels il est qualifié en amateur). Je pars vite (j’espère que ça va devenir une marque de fabrique) en espérant éviter le retour des poursuivants qui ne sortaient pas de nulle part non plus. Les spectateurs m’annoncent que je grappille du temps sur le 1er, je n’y crois pas trop en me disant que les gens veulent être gentils avec moi pour me motiver, mais c’est bel et bien confirmé par mon premier pointage au demi-tour du parcours. Du coup, je maintiens l’allure et je reviens sur le 1er au milieu du semi marathon, je le passe en mettant un petit coup d’injection (c’est tellement bien de pouvoir enfin faire des courses non seulement physiques/mentales, mais aussi tactiques) et lui donne une petite tape dans le dos en l’encourageant. Le mec me répond « c’est énorme ce que t’es en train de faire ». Il est là le bon esprit du triathlon. Ca m’a ravi. Le semi-marathon sera effectué en 1h19, je peux dire que pour la première fois de l’année, j’ai vraiment pu transposer ce que je fais à l’entraînement en course. Du coup, je gagne, en 3h59. L’organisateur qui vient me dire aussitôt « tu sais que tu succèdes à un champion du monde ? » Encore un sentiment bizarre. Interview d’après-course et tutti quanti. Plein de gens viennent me féliciter, me parler, c’est très nouveau tout ça pour moi. Des types sont venus me dire que c’est pas souvent que le premier les encourage. Et oui, moi ça me fait plaisir d’encourager, peu importe le niveau. Le triathlon, c’est du plaisir et de l’amusement avant-tout, surtout pendant la course. En plus, les gens, spectateurs, compétiteurs, bénévoles, sont globalement bienveillants envers moi.

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Voilà. Il semble que je commence à être un peu connu comme étant un cycliste/coureur. J’espère que je ne vais pas me faire tabasser par les taxis, en plus je ne prends personne sur mon vélo. Et les tactiques de course de ceux qui sortent devant en natation ne seront pas forcément les mêmes les prochaines fois que je les rencontrerai car comme m’a dit le second à Narbonne (qui ne me connaissait pas avant la course) : « je ne pensais pas qu’il y avait un gars [moi] qui allait revenir aussi fort de l’arrière en vélo ». Effectivement, peut-être qu’il n’a pas tout lâché sur le vélo. En même temps la prochaine fois, peut-être qu’il lâchera tout par crainte de mon retour et finira par se cramer complètement aussi. On n’est jamais sûr de rien et c’est tant mieux. La fameuse « glorieuse incertitude du sport » de Coubertin.

Au final, les dernières courses étaient tellement intenses pour moi qui ne suis pas habitué du tout à ça qu’ensuite le retour au calme de l’entraînement n’est pas toujours simple mentalement surtout. Physiquement, croyez-moi ou pas, mais je n’ai jamais de courbatures après les courses.

Vu de l’extérieur, les triathlètes semblent impressionnés lorsque je leur révèle que j’ai commencé le triathlon il y a quelques mois. Le hic, c’est que le temps défile : j’ai 26 ans, pas vraiment d’argent de côté et il faut apprendre et progresser vite si je veux réussir à gagner ma vie dans le triathlon. Ainsi, psychologiquement c’est un peu oppressant par moment de se dire que ce projet dont je me rapproche petit à petit peut s’envoler tout à coup si je ne fais pas ce qu’il faut tous les jours. Je dois aussi tout gérer moi-même, n’ayant ni entraîneur, ni partenaire d’entraînement, ni bonnes connaissances dans le microcosme du triathlon ou du sport en général, ni aucun support de manière générale.

Rédigé par Romain Garcin

I am a dedicated & passionate French-born, self-made, self-taught, Athlete, Entrepreneur, Consultant. I discovered triathlon in 2015 after completing 2 brilliant master’s degrees in science & economics and working as a project leader. From 2016, I compete professionally on the IRONMAN, Challenge & independent circuits in over 50 events worldwide, I won and achieved overall podiums on long distance triathlons, duathlons, individual TT and running races.

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