
Lui, c’est Jean-Phi. En début d’année, je reçois un message de sa part en vue de l’Ironman Barcelone. Il n’a jamais fait d’Ironman, veut « bien faire » (ce sont ses mots) et veut savoir si un coaching peut lui être utile. Je lui propose un appel afin d’évaluer cela ensemble et de cerner 3 facteurs clés : ses envies, ses besoins et ses contraintes.
Jean-Phi est un grand gaillard de 1m93, quasi 100 kg. Il fait du triathlon depuis 3 ans, mais il roule très peu (en plus c’était clairement son point faible au début et vous allez voir la suite ci-dessous…), ce n’est pas spécialement son truc. Son truc, c’est la course à pied, il court souvent, pendant sa pause entre midi et deux et le weekend. Mais il fait beaucoup de kilomètres inutiles en termes de progression, ses séances n’ont pas de structures internes et pas de cohérence entre elles.
Jean-Phi, en catégorie d’âge 45-50 ans, travaille dans un grand groupe dans la région parisienne à un poste à responsabilités qui l’amène parfois à se déplacer dans le monde. Il a une femme et des enfants, des amis (pas tous sportifs) et des hobbies et affaires personnelles à gérer comme beaucoup de gens en fait. Une grande partie de la réussite de sa prépa sera donc de concilier tout ça pour conserver (et conforter !) un équilibre de vie, avoir la meilleure progression possible, prendre du plaisir dans les 3 disciplines et tenir à distance les blessures.
Je repense à son objectif qui était d’abord de finir et si possible en 14h. 7 mois et demi plus tard, au terme de 33 semaines de prépa avec zéro blessure, Jean-Phi claque une grande course et termine cet Ironman en 11h30 après avoir remonté près de 1000 concurrents en vélo. Pour un gars qui n’aimait pas trop rouler, c’est devenu un point fort et il aime ça en plus. Et pour l’anecdote qui a son importance : il a fait toute sa prépa sur son vélo de route classique mais se l’est fait voler un mois avant la course a du racheter en urgence un vélo (de chrono sur mes conseils) et s’adapter à cette nouvelle position et ces nouvelles sensations. L’adaptation n’est pas encore terminée pour en tirer pleinement parti (on parle souvent de 3 mois biomécaniquement) mais c’est déjà très satisfaisant. 1400ème place au final sur 3200 participants (Barcelone est un des plus gros Ironmans du monde).

Pour dégommer des fausses croyances et montrer par l’exemple que l’entraînement doit être personnalisé pour pleinement réussir, voici quelques données sur sa prépa :
– 11h par semaine en moyenne. Là ça va en choquer certains qui s’imaginent qu’il faut faire des volumes énormes quand on fait du triathlon et a fortiori un Ironman. Quand on optimise le contenu de l’entraînement, pas besoin de divorcer et de vivre comme un moine.
– Plus petite semaine à 5h, plus grosse semaine à 15h. Jean-Phi n’a pas eu l’occasion de faire de stage cette année mais cet hiver il souhaite rejoindre mes stages à Tenerife, ce qui lui donnera clairement un boost dans sa progression, en plus de prendre du bon temps au soleil et de découvrir une île d’émotions dont je connais toutes les merveilles.
– 55% du temps passé sur le vélo, 31% en course à pied et 14% en natation. Autant de séances de vélo que de séances running.
– Au niveau du cardio, attention nouveau choc : 51% du temps en Z1, 35% en Z2 (soit 86% du temps en endurance) et le reste en Z3, 4 et 5.
Super fier de ce qu’il a accompli, de l’Ironman évidemment mais aussi de tout le chemin qu’il a parcouru. Pour une première, c’est top et la marge de progression est encore énorme, en natation évidemment (ce sport est avant tout technique) mais surtout en vélo et à pied. A qui le tour ?