Introduction à l’entraînement i² : comment devenir un meilleur sportif en se reconnectant avec soi-même ?

Article co-écrit avec Nicolas Elzéard, coach mental : La Meilleure Cyclosportive De Votre Vie

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » – Mark Twain.

Cette formule que tout le monde connaît est loin d’être un poncif, au contraire elle nous ramène à l’essentiel, à notre véritable nature loin de fausses croyances empilées à travers le temps. Tout est alors possible tant que l’on ne sait pas que c’est impossible.

Autrement dit, ce n’est pas la réalité mais notre perception de la réalité qui nous mobilise et engendre nos actions

Nico donne l’exemple d’une araignée posée sur une table (c’est la réalité). La perception de sa fille est « c’est un gros monstre velu » et sa réaction est une peur panique, des cris, etc. La perception de Nico est « soyons vigilants » et ma réaction est de la prendre avec prudence sur une feuille de papier pour la mettre dehors, la perception de son fils sera « waouh, elle est trop belle ! » et sa réaction sera de la prendre sur sa main, de l’observer et d’apprécier les « câlins » qu’elle lui fait en se baladant sur lui. 3 individus, 3 perceptions et 3 types de réactions différentes pour une même réalité. Cette clé essentielle de la préparation mentale n’est pas suffisamment exploitée par les sportifs.

Une nouvelle approche de l’entraînement avec i²

Que les allergiques aux mathématiques se rassurent, on ne va pas aborder l’unité imaginaire des nombres complexes définie par =-1.

L’entraînement i², c’est la combinaison de l’entraînement instinctif et intuitif. Deux notions qui sont souvent confondues tellement nous manquons d’emprise sur elles, étant par définition abstraites, méconnues et aux contours difficilement palpables.

Anthony Robbins, un des plus grands coachs mentaux, définit l’intelligence comme notre capacité à identifier des distinctions (un eskimo possède une intelligence vis-à-vis de la banquise car il est capable de distinguer plus de 50 types différents de glace alors que pour nous c’est simplement de l’eau gelée).

Nos capacités à distinguer clairement ce qui différencie l’instinctif de l’intuitif, puis différentes nuances de l’intuitif vont développer chez nous une approche plus intelligente de l’entrainement améliorant considérablement de fait son efficacité et l’harmonie que nous pouvons créer avec notre corps et nos autres domaines de vie.

L’instinct, ou connaître son inné

L’instinct relève de l’inné, de ce qui est inscrit en nous de manière génétique et qui est globalement commun à l’humanité. Il s’exprime de manière inconsciente même si on peut le conceptualiser a posteriori.

L’instinct est à la base notre pilote automatique quand il s’agit de faire ce qui doit être fait lors de situations capitales, cependant de nos jours il est sur-utilisé pour des situations banales quotidiennes dans la mesure où les situations de survie ont disparu dans nos vies bien trop confortables. Par exemple, la peur ponctuelle de l’ours s’est transformée dans nos vies occidentales en stress permanent (stress au travail, stress en famille, stress dans le sport, etc). Le stress que l’on a lorsque son train est en retard pour arriver au travail est typiquement un dérivé de la peur ancestrale (instinctive) nécessaire pour sa survie.

Développer son intuition pour mieux se connaître

L’intuition est beaucoup plus personnelle, elle s’appuie sur nos caractéristiques individuelles et se manifeste à travers des activités qui nous parlent (le verbe « parler » n’est pas choisi au hasard dans la mesure où c’est très souvent de cette manière que l’intuition semble agir : le dialogue interne).

Elle est une pensée parvenant jusqu’à la conscience et qui apparaît comme étant une évidence, comme étant le chemin à suivre sans avoir nécessairement besoin d’y trouver une justification, la force de cette conviction étant suffisante pour savoir (et non croire) que cette pensée est juste.

C’est une faculté naturelle, un sens supplémentaire, qui demande tout de même d’être dompté et développé pour pouvoir s’y fier, spécialement avec nos modes de vie contemporains qui parasitent cette ligne interne.

A l’instar de l’imagination (et dans « imagination », il y a « magi(e) » qui, étymologiquement, a un lien avec ce que l’on n’explique pas), l’intuition se nourrit de nos expériences (elle possède donc une part acquise, d’où l’intérêt de chercher à la développer) et est produite dans notre for intime. Cette production intérieure peut aussi être ressentie comme l’expression de nos spiritualités qu’elle soit matérialisée par une religion ou non (par exemple pour des Chrétiens l’expression d’une volonté de Dieu qui serait en chacun de nous).

Le sport peut-il nous aider à devenir des super-humains ?

Étant parmi les activités les plus naturelles qui soient (la reine dans le domaine étant la course à pied), celles qui font appel à tous nos sens et à notre intelligence kinesthésique (les perceptions corporelles), les sports vont s’adosser au plus près de nos instincts et de nos intuitions. Pour bien se rendre compte de la différence de monopolisation des instincts et intuitions, on peut donner l’exemple d’une activité consistant à effectuer des calculs statistiques sur un tableur Excel qui va bien peu utiliser nos ressources instinctives et intuitives.

L’exemple actuel probablement le plus connu de sportif s’appuyant sur ses instincts et ses intuitions est Kilian Jornet, souvent qualifié d’ultraterrestre. Mais son véritable surnom devrait être le superhumain puisqu’il réussit à tirer le meilleur parti de ses instincts et de ses intuitions pour maîtriser les disciplines qu’il pratique et s’y exprimer de telle façon qu’il en émane de l’art.

On retrouve régulièrement ce genre de sportifs dans les sports d’(ultra) endurance et les sports extrêmes où l’écoute de soi est primordiale. En particulier et spécialement à haut niveau, les sportifs de l’extrême ne sont généralement pas des inconscients comme se plaisent à les dénigrer certains, mais des athlètes qui sont extrêmement attentifs à ce qu’il se passe en eux et autour d’eux, et c’est de cette manière qu’ils vont faire d’un danger intrinsèquement grand un risque minime tout en réalisant des actions physiques et intellectuelles dans le même temps. À mettre en parallèle avec l’individu moyen bien peu attentif lorsqu’il fait ses trajets en voiture dont les dangers sont relativement faibles mais dont les risques sont élevés du fait de son manque de concentration et de maîtrise.

Commencer à expérimenter l’entraînement i²

Afin de mieux saisir cette approche de l’entraînement i², il peut être intéressant de porter sa curiosité sur les façons dont des champions inspirants abordent leurs pratiques sportives. Même si nous avons déjà tout cela en nous, se tourner vers d’autres peut nous aider à le révéler.

Pour le cas de Kilian, il m’a personnellement inspiré en ouvrant le champ des possibles et en m’aidant à mieux comprendre, mieux conceptualiser des choses que je faisais au feeling sans vraiment savoir pourquoi et comment je les réalisais. Cette nouvelle compréhension m’a permis d’aller plus loin dans ma pratique en transformant mes façons de procéder en stratégies que je pouvais reproduire dans les moments les plus pertinents, accélérant ainsi mes progrès, mon enthousiasme, mes découvertes, ma maîtrise, etc.

Pour commencer à expérimenter cette manière de faire du sport, on peut déjà commencer par plus porter une plus grande attention sur ses sensations, sur ses envies et sur ses vibrations.

Lors de vos prochaines séances je vous propose d’expérimenter par exemple :

  • Qu’est-ce que me fait cette montée ?
  • Quel est l’état des lieux de mes sens ?
  • Quelles odeurs puis-je ressentir ? Qu’est-ce que je vois ? Quels sont les sons que j’entends ?
  • Quelles sensations m’apporte le soleil et l’air sur la peau ?
  • Comment je me vois de l’intérieur ? Suis-je fluide biomécaniquement ? Mes jambes agissent-elles comme des pistons ? Et mes hanches ? Et mes épaules ?
  • Et si je me place à l’extérieur de mon corps, comme si j’étais un spectateur, comment est-ce que je me perçois ?
  • De quoi ai-je envie ? Et quand je regarde cette vallée ou cette montagne, qu’est-ce que cela me fait ? Est-ce que je veux y aller ?

Ainsi, chaque jour, chaque sortie devient une occasion d’apprécier ce chemin, de déguster votre activité, de se sentir à sa juste place en train de faire la juste chose. Il n’y a plus d’obligations de quelque sorte (perdre du poids, gagner des watts ou des km/h, etc) mais la réintégration d’un mode de vie à part entière, et c’est bien de cette manière qu’on progresse avec cohérence et durablement.

C’est de cette manière que l’entrainement devient un objectif en lui-même et n’est plus réduit à un moyen de préparer une course par exemple.

Si je devais résumer mon approche de l’entraînement i², je dirais qu’elle consiste en une habile combinaison d’action par instinct et d’action par intuition dont la résultante est alors la meilleure prise de décision possible. Cette association de l’instinct et de l’intuition créé en nous un maximum de sens et d’évidence, nous faisant retrouver notre juste place, à l’instar de l’animal qui fait ce qu’il a à faire, qui vit comme il doit vivre, dans une fluidité totale. Mécaniquement, c’est aussi la voie vers l’autonomisation dans sa pratique sportive.

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